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Dans nombre de pays, le délai d’attente pré-hospitalier, après décision du centre du régulation de l’envoi d’un infirmier, d’un médecin de proximité ou d’une ambulance médicalisée ou non ne doit pas en général dépasser une trentaine de minutes (cas de la France) hors difficultés particulières. Ce délai maximum impose une participation des médecins libéraux à l’urgence. Cette participation à l’urgence vitale, dans ces pays, est inscrite dans les obligations déontologiques.
Au Maroc, le nombre « important » des médecins généralistes (50% de la population médicale) et leur proximité géographique, fait qu’en situation d’urgence, à domicile, dans la rue, ou en pleine campagne, on s’empresse naturellement de faire appel au plus proche d’entre eux, indépendamment du secteur dans lequel il exerce.
Le médecin généraliste marocain, même s’il n’a pas encore eu la chance d’être « refaçonné », à l’instar de ses collègues européens ou nord-américains, en « médecin de famille 5 étoiles », constitue pour une grande partie de la population le seul interlocuteur en matière de soins, et partant le médecin de la famille. Sa proximité et son ancrage à la communauté dont il a la charge de soulager les souffrances en font donc une réponse adaptée à un grand nombre d’urgences, notamment les urgences relatives ou pressenties qui relèvent du médico-social et qu’il peut gérer à moindre frais, évitant que toute demande de soins urgents n’aboutisse forcément à l’hôpital, ainsi que l'utilisation abusive de transports.
Quand il s’agit d’urgences vraies, le rôle du médecin généraliste se limite souvent à évaluer de la meilleure façon possible la situation, à prodiguer les soins qu’il juge selon ses compétences adéquats, à donner l’alerte et surveiller le malade jusqu’à l’arrivée des secours... et le temps lui paraît souvent inexorablement long, seul, face à une situation qui parfois le dépasse !
Le médecin généraliste marocain est impliqué, de manière désorganisée certes, mais forte dans le processus de l’urgence pré-hospitalière depuis des lustres.
Aujourd’hui, à la veille de la mise en place dans notre pays d’un réseau structuré de la prise en charge codifiée et régulée de l’aide médicale urgente, l’implication du médecin généraliste dans l’anneau pré hospitalier de la chaîne des secours nous parait incontournable, tant le nombre des praticiens disponibles est insignifiant par rapport à la demande.
Seulement, l’introduction de technologies médicales permettant de rendre réversibles des situations de détresse autrefois désespérées, ainsi que les conditions nouvelles de pratique des soins, en particulier en extra-hospitalier, ont crée des contraintes spécifiques justifiant la mise en place d’un enseignement adapté de la médecine d’urgence.
Désormais, il ne s’agit plus pour les professionnels de santé en charge des secours de l’aide médicale urgence d’improviser, mais d’être capables, dans des délais de temps très courts, d’intervenir efficacement à n’importe quel niveau d’une situation de détresse.
Ils doivent être capables entre autres:
de déclencher l’alerte,
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d’apprécier le degré d’urgence de l’état des patients,
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d’exécuter efficacement les gestes qui sauvent,
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d’organiser les premiers secours sur le lieu de l’accident,
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de faire appel à bon escient à des secours spécialisés et mieux équipés,
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de s’intégrer dans des plans de secours qui font intervenir d’autres acteurs de l’urgence.
Il s’agira aussi pour certains, d’assurer la régulation médicale des appels, et la coordination entre les différents acteurs, afin d’apporter une réponses adaptée à chaque situation, évitant d’impliquer souvent inutilement des moyens disproportionnés.
Les acteurs de l’urgence doivent enfin opérer en gardant constamment présent à l’esprit le souci constant de délivrer des soins de qualité.
CONCLUSION
Quel que soit le nombre d’urgentistes ou de spécialistes en urgentologie que la faculté pourra former, ce nombre restera toujours insuffisant. De plus, le métier d’urgentiste est un métier usant et peu rémunérateur que l’on ne peut pas exercer indéfiniment.
Dans certains pays, on estime que par définition, quand un médecin est formé comme médecin généraliste, il est à priori le médecin de l’urgence, celui qui doit pouvoir la gérer entièrement. Sa formation, il la reçoit à la Faculté.
Au Maroc, l’enseignement de la médecine d’urgence est intriqué dans le cursus de base. Il faudra peut être « l’individualiser » par le biais de stages pratiques dans les SAU et les futurs SAMU, avec évaluation permanente. Il s’agit de former des médecins polyvalents, chez qui on aura développé les réflexes des « gestes qui sauvent », et qui sauront s’intégrer dans des équipes de secours multidisciplinaires.
Concrètement, l’implication du médecin généraliste marocain évoluant déjà sur le terrain, à la porte d’entrée du système d’urgence pré-hospitalière requiert :
une formation spécifique pratique adaptée à ses besoins et aux limites de ses moyens;
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une mission qui s’inscrive dans un cadre précis;
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une rémunération qui ne pourra jamais être conséquente en l’absence de couverture médicale généralisée.
L'enjeu pour la mise en place du futur SAMU est donc de définir le rôle de chaque acteur de l’urgence, et celui du médecin généraliste, primordial, paraît évident.
Le médecin généraliste reste, jusqu’à preuve du contraire le médecin de l’avant !!! |