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Figure 1 : Démographie médicale - secteur libéral (spécialistes - nord
- centre - sud)
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| Régions
|
Privé
|
SP
|
FAR
|
CHU
|
Total
|
| Casa
|
2274
|
933
|
31
|
233
|
3471
|
| Rabat
|
894
|
1014
|
416
|
427
|
2751
|
| Marrakech
|
385
|
459
|
47
|
12
|
903
|
| Tanger
|
452
|
442
|
5
|
-
|
899
|
| Souss
|
343
|
434
|
70
|
-
|
847
|
| Oriental
|
381
|
386
|
14
|
-
|
781
|
| Meknès
|
284
|
439
|
48
|
-
|
771
|
| Fès
|
345
|
306
|
7
|
7
|
665
|
| Gharb
|
318
|
318
|
13
|
-
|
649
|
| Chaouia
|
243
|
361
|
5
|
-
|
609
|
| Doukkala
|
262
|
263
|
2
|
-
|
527
|
| Taza
|
109
|
286
|
10
|
-
|
405
|
| Tadla
|
162
|
191
|
5
|
-
|
358
|
| Laayoune
|
40
|
223
|
95
|
-
|
358
|
| TOTAL
|
6492
|
6055
|
768
|
679
|
13994
|
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Tableau
1 : Démographie médicale
(Bulletin officiel du 21 septembre 2000)
|
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Figure
2 : Démographie médicale - Ministère
de la Santé - BO du 21-9-2000 |
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Figure 3 : Démographie des médecins spécialistes dans le secteur privé au Maroc.
Pour exercer une médecine spécialisée répondant aux normes d’efficience et de sécurité, un
certain nombre de conditions seront nécessaire. L’environnement médical
adéquat étant nécessaire. En milieu hospitalier (surtout CHU) les
questions se posent peu, du fait de l’intégration des différentes
structures complémentaires et de la possibilité de réaliser l’unité
de temps, de lieu et d’action.
Dans le secteur libéral il est nécessaire d’avoir à ses côtés un laboratoire d’analyses médicales et d’ana-path.,
un centre de radiologie (avec scanner si possible), et une clinique médico-chirurgicale
au minimum. À défaut l’exercice spécialisé se trouvera handicapé
du manque d’indications et de l’obligation de réorienter les
patients vers d’autres lieux. L’inefficacité et la présence
virtuelle d’un ou de plusieurs spécialistes se concrétiseront.
L’installation concomitante et intégrée des différents composants
cités plus haut dans le cadre de mesures d’encouragements divers
serait plus judicieuse en vue de régionaliser l’exercice libéral spécialisé.
Rôle du médecin spécialiste
Globalement le médecin spécialiste aura pour rôle de prendre
en charge le patient dans le cadre de ses qualifications tels que
reconnues par les instances ordinales et administratives. Il pratiquera
sa spécialité d’une manière exclusive, dans le sens où il lui est
exclu de pratiquer la médecine générale ou tout autre acte ne
relevant pas de sa compétence. Plus précisément il exercera sa
profession de médecin dans un cadre géographique limité et un lieu déterminé,
et dans un secteur déterminé parmi les 4 que reconnaît la loi :
Public, CHU, Privé, Militaire.
Il pratiquera son art souvent d’une manière complémentaire avec ses confrères généralistes ou spécialistes.
L’article 23 du code de déontologie précise dans le cadre des devoirs des médecins envers leurs patients :
« le médecin s’oblige à lui
assurer tous les soins médicaux en son pouvoir et désirables en la
circonstance, personnellement ou avec l’aide de tiers qualifiés.
Une angine de l’enfant
pourra être correctement traitée par un généraliste, un interniste,
un pédiatre, ou un orl et des angines récidivantes relèveront dans
leur chirurgie d’un spécialiste
»
.
Le médecin spécialiste exerce sa profession dans un
environnement médical, juridique, administratif, associatif et dans un
contexte économique, politique et syndical. Il doit tenir compte des
différents développements qui ont une incidence sur son exercice
professionnel pour mieux assumer son rôle dans le cadre de droits et de
devoirs bien compris. En fait, son ou ses rôles sont polyvalents et sont
spécifiques à chaque type de relation qu’il entretiendra avec les
différentes intervenants dans le domaine de la santé.
Relation avec les patients
Son rôle essentiel sera de prendre en charge le patient tel que
défini plus haut. Rôle préventif, curatif, et social. L’article 1
de la Loi 10-94 de l’exercice professionnel précise: « La médecine est une
profession humanitaire qui a pour objet la prévention des maladies et
leur traitement ainsi que la recherche scientifique dans le domaine médical. »
Le préventif : les 4 secteurs ont toujours été
mobilisés pour vacciner et prévenir nombre d’évènements hostiles
pour la santé de nos concitoyens. Le succès important remporté par le
programme national d’immunisation est indéniable. Le rôle du spécialiste
pour sa mise en place et des généralistes et pédiatres tous secteurs
confondus pour son application a été déterminant. Mais la prévention
devrait être plus que renforcée; notamment au niveau des BMH
(Bureau municipal d’hygiène) où des spécialistes avec des équipements
et des locaux plus adaptés devraient jouer un rôle majeur dans le
nutritionnel, l’écologie et l’équilibre environnemental.
La prévention primaire qui est l’application d'un ensemble de mesures destinées à prévenir
la maladie et la prévention secondaire qui constitue le dépistage des
pathologies spécifiques au sein ou non de groupes à risques relèvent
plus des médecins de famille. La prévention tertiaire constitue une
possibilité idéale de coopération constructive entre médecin de
famille et spécialiste: en présence d'une pathologie, empêcher son évolution.
Le curatif : L’article 30 du code de déontologie précise: « Le
médecin doit toujours élaborer son diagnostic avec la plus grande
attention, sans compter avec le temps que lui coûte ce travail et,
s’il y a lieu, en s’aidant ou se faisant aider dans toute la mesure
du possible des conseils les plus éclairés et des méthodes
scientifiques les plus appropriées. ». Soigner au mieux de la
science est une expression usuelle dans le monde médical mais se heurte
souvent au contexte socio-économique d’un certain nombre important de
nos patients. La couverture médicale à hauteur de 15% limite de facto
l’activité scientifique normale du médecin.
Maintenir le diagnostic hypothétique et le traitement probabiliste comme exercice habituel
retardera à coup sûr nombre de diagnostics précoces et de traitements
adaptés. Si la santé n’a pas de prix, la médecine a un coût. Et
pour maintenir la conduite à tenir actualisée, le médecin est dans
l’obligation d’investir de plus en plus dans des équipements répondant
aux normes internationales. L’article 16 de la Loi 10-94 stipule: « L'ouverture
aux patients de cabinet professionnel est subordonnée à un contrôle
effectué par le conseil régional de l'ordre par l'intermédiaire d'une
commission désignée en son sein, afin de s'assurer de la conformité
des lieux aux exigences de l'exercice de la profession dans les
conditions prévues par la présente loi, conformément aux normes fixées
par l'administration et selon la spécialité reconnue au médecin le
cas échéant. À la suite dudit contrôle, il est délivré au médecin
une attestation de conformité ou une mise en demeure d'avoir à compléter
ou aménager son installation.».
D’une part ces normes concernant l’ambulatoire n’ont pas été
publiées à ce jour (concernant les cliniques, un décret récent a été
établi), et d’autre part il serait impératif de généraliser
l’attestation de conformité à tous les secteurs. La médecine est
une et la maladie aussi.
L’on ne peut exiger d’un secteur l’optimisation de ses ressources matérielles
tout en occultant les 3 autres secteurs. Les progrès scientifiques et
la mise à niveau des lieux d’exercice professionnel doivent être
uniformes et non sectaires et relever de la même commission. Il en est
de même de l’hospitalisation dans le secteur libéral où les
conditions draconiennes actuelles d’ouverture d’une clinique sont
soumises au rude parcours du combattant. Résultat, et cela est vrai,
les cliniques qui ouvrent leurs portes répondent aux normes
internationales. Et c’est le secteur libéral qui s’équipe le mieux
et qui investit le plus actuellement. Le secteur traditionnel:
santé publique, CHU ou encore 5ème secteur investissent très
peu et innovent encore moins. L’attrait (de la part tant des médecins
que des patients) pour le secteur hospitalier libéral est ainsi vite
expliqué. A contrario, devant l’absence de contrôle et de normes
pour le secteur public (en ambulatoire comme en hospitalier) la
situation se dégrade déjà en périphérie et touchera sous peu les
centres hospitaliers.
L’évolution actuelle nous interpelle : le secteur libéral qui semble le plus dynamique
pour l’heure se heurte devant la faiblesse de la couverture médicale,
du faible pouvoir d’achat des patients et l’absence de cadre
conventionnel national. Un certain nombre de cabinets spécialisés qui
ont beaucoup investis dans des équipements nécessaires n’arrivent
plus à rentabiliser les prêts octroyés. L’échec du crédit jeune
promoteur est là pour nous le rappeler. Les explications sont multiples :
les médecins font peu appel aux bureaux d’études avant leurs
investissements, le choix du lieu d’implantation n’est pas toujours
judicieux (l’axe Casa-Fes est toujours dans les choix prioritaires),
les débordements intersectoriels rendent caduque toute étude préalable
sérieuse, le nombre de spécialistes déjà exerçants dans un lieu
donné n’est pas toujours estimé à sa juste mesure…
De plus en plus de spécialistes, dépassant les concepts de cabinets de groupe
(notion ayant eu peu de
succès au Maroc pour des raisons inexpliquées), se sont orientés vers
des cliniques pluridisciplinaires ou bien spécialisées. Là encore, des
investissements importants ont été réalisés en vue d’une meilleure
approche diagnostic et d’une thérapeutique plus appropriée. La
majorité des nouvelles structures libérales à Casa ou Rabat sont le
fait des médecins universitaires ayant choisi le secteur libéral comme
mode d’exercice
Ce rôle curatif qui répond aux attentes des patients a nécessité beaucoup de sacrifices de la
part du corps médical : Changement de secteur, risques de capitaux
avec le plus souvent hypothèque de leurs biens, et investissements
innovateurs dans des technologies de pointe. Le résultat pour l’état
marocain est patent : plus de 98% des marocains sont entièrement pris en charge au Maroc avec pour
corollaire l’absence de fuite de capitaux vers l’étranger. Le
feed-back pour les médecins marocains n’est pas évident.
Les honoraires stagnent (une chirurgie donnée peut coûter jusqu’à 4 fois plus en Europe, alors que d’autres services
ne suivent pas cet effet multiplicateur), les prises en charge tardent
à être honorées, 12 à 24 mois pour la Cnops, et 3 à 6 mois pour les
assurances privées, faisant endosser au médecin le rôle de banquier
avec les pertes et les difficultés de gestion conséquentes. Les
conventions collectives ne sont renouvelées que tous les 5 à 6 ans
alors que l’essentiel de notre outil de travail : instruments, équipements,
paramédical (importés) subit des variations de prix toujours en hausse.
Ces conventions, dont la seule mise en conformité relève des
structures ordinales, sont toujours négociés et signés par l’ordre
des médecins. Les intérêts matériels sont confondus avec les intérêts
moraux.
Le médecin spécialiste, producteur de soins, est aussi prescripteur en ambulatoire comme en
hospitalier. Outre le fait qu’il veille sur les interactions médicamenteuses,
son rôle est aussi de veiller à ce que le rapport prescription-prix de
son ordonnance ne se fasse pas au détriment du patient. L’article
28 du code déontologie précise: « Le
médecin est toujours libre de ses prescriptions en restant dans les
limites imposées par les conditions où se trouvent les malades. Il ne
doit en conscience prescrire à un malade un traitement très onéreux
qu’en éclairant le malade ou sa famille sur les sacrifices que
comporte ce traitement et les avantages qu’ils peuvent en espérer. Le
médecin ne doit jamais donner à un malade des soins inutiles dans un
but de lucre. ». Aussi à partir du moment où les garanties
pharmacodynamiques des médicaments génériques sont homologuées, il
serait souhaitable de renforcer leur prescription, avec l’aide des
pharmaciens qui serait en droit de pratiquer la substitution. Un texte régissant
cet aspect de la collaboration médecin-pharmacien serait préalablement
établi pour le bienfait de tous.
La formation et la formation médicale continue (FMC) posent problèmes. L’un des rôles
majeurs du médecin spécialiste est de veiller à sa FMC et ce d’une
manière régulière. Les bouleversements technologiques et les progrès
scientifiques sont tels que nul ne peut se cantonner dans son exercice
individuel et dans sa tour d’ivoire.
La formation médicale initiale : les médecins ne sont pas formés à la médecine spécialisée
ambulatoire au cours de leurs études, tout le monde le sait mais les
mesures concrètes ne sont pas mises en place avec les moyens nécessaires.
Il faut immédiatement amplifier les passerelles entre la médecine
universitaire et la médecine ambulatoire afin que les médecins en
formation disposent pendant leurs études du savoir-faire des médecins
de ville. La connaissance scientifique des maladies est
indispensable, mais elle ne suffit pas, car en ambulatoire, les
pathologies rencontrées sont différentes des pathologies hospitalières
et elles nécessitent une prise en charge différente.
Les notions d’éthique et de déontologie, d’informatique à l’heure du tout Internet, de
communication, d’économie de santé, d’écologie médicale, de
gestion de cabinet ou de cabinet de groupe, de démographie médicale et
de carte sanitaire… ne sont pas enseignées. Des modules devraient être
proposés ou imposés. Puisque la santé publique, le CHU et les FAR
recrutent peu pour des raisons budgétaires et que le secteur libéral
reste pratiquement la seule issue pour les futures générations, préparons
les à mieux affronter leur exercice au quotidien
La formation médicale continue et ses règles de contrôle du suivi sont nécessaires
pour tous les médecins. Elle devrait être une obligation déontologique.
La FMC ne peut pas et ne doit pas être mise en place par l’Université
qui est déconnectée des réalités de l’exercice quotidien. De
nombreuses associations de FMC existent et sont injustement montrées du
doigt alors même qu’elles remportent un succès évident auprès des
médecins. On ne peut plus, de congrès annuel en congrès régional,
discuter, théoriser, recommander et ne rien conclure en pratique.
Aucune note ou décision ministérielle n’est venue définir les
contours de la FMC au Maroc. Il est vrai que la FMC devient, par la
faute de ceux qui tentent de faire oublier certains de leurs
engagements, un terrain de conflits.
Des dossiers de partenariat service hospitalier-praticiens de ville pourront être
proposés et sélectionnés pour leur valeur pédagogique, en dehors de
toute autre considération. Ils seront ensuite validés par les
structures ordinales et les associations reconnues. Par ailleurs nous
manquons cruellement de certificats d’université au Maroc. Ils
peuvent être valorisants pour les médecins spécialistes installés,
et leur offrir des possibilités d’épanouissement et d’utilité
publique. Médecine du travail, réparation juridique, échographie, médecine
du sport… Des cadres universitaires manquent pour enseigner telle ou
telle matière ? Utilisons dans un premier temps en partenariat
universitaire les cadres du secteur libéral qui seront formateurs.
Relation avec les textes régissant l’exercice médical
Qui exerce Quoi ? Où ? Quand ? et Comment ? Question anodine mais fondamentale
par la même. Dans chaque structure, médicale ou non chacun remplit un
rôle selon des textes et des données bien établies. Notre exercice
professionnel est confronté à un manque de transparence difficile à
admettre. Autant dans les textes 4 secteurs sont seuls reconnus (Santé
publique, Privé, CHU, FAR) autant dans la pratique l’exercice médical
est libre et incontrôlable avec pour conséquence l’appauvrissement
du secteur libéral et sa non-crédibilité. Nous voulons avoir des
textes et une législation claire pour le 5ème secteur (qui
regroupe beaucoup d’entités différentes dans leur objet et dans leur
but) ce qui permettra de rendre les règles du jeu plus claires.
Dans les cliniques de la Cnss, du Croissant Rouge marocain, de la
Cnops ainsi que d’autres nouvelles structures, il serait utile de légiférer
et de restructurer afin de préserver les intérêts des médecins spécialistes
qui y exercent et de définir d’une manière plus précise leur rôle.
L’article 38 de la mutualité ne suffit plus à lui seul à justifier
leur pérennité alors que des textes de loi (10-94 et 11-94) ont apporté
un certain nombre de garde-fous pour l’exercice médical.
Au lieu d’une véritable médecine du travail, nous assistons à
de simples conventions de médecine de soins où dans les usines, les
entreprises, les offices, les administrations publiques ou privées, les
banques etc.… le médecin dans une salle de consultations (ou mieux
dans un appartement ou dans une villa en ville) examine les patients et
leurs ayants-droit et leur prescrit des médicaments. L’intérêt du
travailleur est ignoré, le médecin rémunéré « ou salarié »
se trouve être à la merci de son employeur, et les règles élémentaires
de sécurité dans le travail se trouvent être bafouées. A ce jeu
subtil, pseudo-social, l’on comprend mieux pourquoi certains cabinets
spécialisés sont vides. Ces conventions individuelles de soins bien sûr
sont interdites. Des conventions collectives et nationales « Cadre
conventionnel national » seraient plus judicieuses.
Les médecins des collectivités locales exercent et prescrivent
au grand jour (forme de médecine salariée illégale), sans statut,
alors même que nous devrions les retrouver soit dans les BMH soit auprès
des élus pour les campagnes de prévention et de planification.
Les médecins de Santé Publique dans certaines régions
travaillent dans des cliniques privées, là est la naissance d’un Tpa-Santé
Publique.
L’exercice des prescriptions médicamenteuses dans les
officines devient un acte courant, ce qui est préjudiciable pour le
patient qui est traité sans diagnostic et exploration préalable,
souvent par le simple “laborantin” derrière le comptoir. Une liste
des médicaments-conseils doit être clairement établie par le ministère,
laissant de côté la prescription des médicaments faite par les médecins.
Sur les boîtes médicamenteuses l’inscription de certains laboratoires
serait à généraliser (en français et en arabe) “Ne peut être obtenu que sur ordonnance médicale”. Quelle
protection et quelle sécurité pour le citoyen peut offrir le Ministère
de la Santé dans cette automédication inconséquente ? Alors qu’en Occident, il est strictement impossible d’obtenir le moindre médicament
sans la prescription médicale.
Un certain nombre de textes régissant ou se rapportant à la médecine
sont à mettre en place ou à actualiser :
-
le code de déontologie, qui date de 1953 (Maroc sous protectorat) et ne concerne que le
secteur privé, complètement dépassé, rédigé par les Français
avant notre indépendance
-
la nomenclature des actes professionnels qui date de 1977.
Il
s’agissait d’une pâle copie de l’original français (qui lui, est
actualisé annuellement) plus ou moins adaptée à notre contexte de
l’époque. Son article 20 (dispositions générales) nous parait dépassé
dans les villes où existe au moins un médecin-anesthésiste. Le nouveau
texte serait à éclater entre nomenclature pour Médecins (actualisé
annuellement : les actes exploratoires et chirurgicaux nouveaux
s’accumulent rapidement), nomenclature pour Chirurgiens-dentistes ,
nomenclature pour les actes biologiques, et enfin nomenclature pour les
professions paramédicales.
-
création d’un texte portant statut et conditions de qualification des
professions
paramédicales : une liste non exhaustive concernera : les infirmiers
brevetés, les infirmiers diplômés d’État, les infirmiers anesthésistes,
les panseurs, les instrumentistes, les aides-opératoires, les audiométristes,
les audioprothésistes, les techniciens en audioprothèse, les
orthophonistes, les opticiens, les optométristes, les orthoptistes, les
techniciens en optique, les kinésithérapeutes, les sages-femmes, les
psychologues, les laborantins, les secrétaires médicales, les
ambulanciers privés…
-
modification de l’article 38 (modifié en 77) du statut de la mutualité (1963) pour
mise en harmonie avec les lois 10 et 11-94.
-
mise en place de l’assurance maladie obligatoire qui permettra au plus grand nombre
d’avoir un accès aux soins. De notre chiffre de 15% de couverture,
nous devons arriver à 30% à très court terme.
Relation avec les confrères
Le premier geste d’un confrère avant d’exercer est d’être
inscrit au conseil de l’Ordre des Médecins. On estime à plus de 3000
médecins le nombre de non-inscrits. Pourtant la loi est claire.
L’article 4 de la 10-94 précise « Nul
ne peut accomplir aucun acte de la profession médicale s'il n'est
inscrit à l'Ordre National des Médecins ».
Là est le rôle majeur des directeurs de CHU et d’hôpitaux. Puisque
par définition tous les médecins du privé sont inscrits.
Les relations avec les médecins généralistes sont à revoir mais d’une
manière plus dépassionnée :
Il existe une incompatibilité entre le cumul de la
tâche de médecin de famille et celle de médecin spécialiste, même
durant la formation qui y conduit. Une relation optimale entre le médecin
de famille et le médecin spécialiste peut être perturbée lorsqu'un
patient est soigné par tous deux à l'insu l'un de l'autre.
D'une part, le médecin de famille doit maîtriser l'éventail de la médecine intégrale et ce,
nonobstant des moyens techniques limités. Il coordonne, interprète
toutes les constatations propres et spécialisées dans le cadre d'un
système d'anamnèse familiale et personnelle de chaque patient. Il est
au centre des soins de santé.
D'autre part, le spécialiste se concentre sur un système, un organe ou une maladie dont il doit
avoir et continuer d'acquérir la connaissance la plus étendue. Etant
donné qu'il en sait toujours plus sur toujours moins, il mettra ses
constatations par retour à la disposition du "médecin habituel"
du patient.
C'est pourquoi une bonne médecine dépend plus que jamais d'un concours harmonieux des deux
disciplines. Il ne peut être question de "mon" patient, mais
de "notre" patient: outre le "colloque singulier",
il convient de consacrer le temps nécessaire à des "colloques"
entre tous les médecins qui, ensemble, traitent un patient suivant le
libre choix de ce dernier.
Il résulte de ce qui précède que les deux groupes de praticiens ont des
droits, des obligations, des compétences et des limites: il doivent par
conséquent se tenir à un code de conduite :
-
l'intérêt légitime du patient doit toujours constituer le souci premier du médecin
-
et le médecin de famille et le spécialiste
doivent respecter scrupuleusement les limites de leur liberté
diagnostique et thérapeutique: chacun travaille dans les limites de ses
compétences, ce qui implique aussi une restriction de celles-ci
-
il convient de toujours rechercher et respecter
le libre choix du patient
-
tous les médecins concernés doivent entretenir
des rapports confraternels et avoir pour souci principal: le patient
-
la dichotomie dans toutes ses formes est interdite.
Les demandes sont fortes pour mieux positionner le rôle du médecin généraliste
par rapport au spécialiste. Les problèmes se posant peu au niveau du CHU et des
FARr, seuls le privé ou la Santé Publique dans un degré
moindre sont à considérer. La complémentarité entre médecins généralistes
et médecins spécialistes est occultée. Nous devons certes positionner
la place des uns et des autres, mais en complémentarité et non en
tentant de mettre en place un passage obligé par le généraliste ou le
spécialiste, ce qui serait illusoire dans notre système libéral. Les
tentatives de promotion d’un médecin référent sont-ils une façon déguisée
de mettre en place un passage bientôt obligatoire par le généraliste ?.
Dans les pays où ce système existe les temps de consultation du généraliste
sont fortement écourtés. Actuellement le temps moyen consacré par un
généraliste français à ses patients est de 14 minutes, contre 9
minutes en Allemagne, 8 minutes en Angleterre et 5 minutes aux Pays-Bas.
Doit-on différencier le montant de la rémunération du spécialiste en
accès direct et celui d’une consultation pour avis spécialisé ?
En outre, il est urgent que la médecine générale devienne une spécialité
à part entière avec toutes les conséquences en matière de durée
d’études et de rémunération.
Si nos concitoyens, et à tort, consultent autant de spécialistes en première
intention c’est parce qu’au Maroc la médecine spécialisée est
considérée comme la médecine de référence et la médecine
générale comme une médecine de famille de premier abord. Nous devons
aussi cerner le profil des compétiteurs par rapport au généraliste.
Nous exclurons du fait de leurs spécificités la médecine exploratoire (radiologie, laboratoires), la chirurgie, les spécialités médico-chirurgicales
(urologie, neurochirurgie, obstétrique, traumatologie, OPH, ORL…)
pour ne garder finalement que les spécialités médicales. Quelles sont
les relations de travail actuelles entre médecin spécialiste et médecin
généraliste ? Un certain nombre de mythes est à évacuer :
-
le médecin spécialiste garde le malade et ne répond pas par courrier personnalisé. C’est souvent
faux. Comment un médecin spécialiste peut-il ignorer ses prospects et
son réseau personnalisé ? Comment accepte-t-il d’éviter son
principal correspondant ? Une explication pourrait être donnée :
le malade une fois soigné (nous ne disons pas guéri) de son affection
par le spécialiste, à la demande du généraliste, il n’éprouve
plus le besoin de revenir voir ni l’un ni l’autre. Il est rare que
de malchance il présente une autre pathologie dans la même sphère
-
le médecin spécialiste ne vit que des patients qui lui sont adressés
par les généralistes. Une enquête, certes sommaire, auprès
d’un panel de médecins spécialistes, donne le chiffre de 1 à 2% des
consultants provenant de cabinets de médecine générale.
Devant cet état de choses, il serait utile et nécessaire
de réunir une conférence annuelle sur la médecine et la chirurgie
ambulatoire, de faire des propositions de bon voisinage et de bonne
collaboration. Notre conviction intime est de défendre les droits du médecin
généraliste légitimement, de le réhabiliter en tant que médecin référent.
Mais il n’est pas toujours nécessaire de montrer du doigt un
adversaire qui n’existe pas en réalité, pour défendre ses droits.
Le patient au centre de tous les débats doit rester notre préoccupation
majeure.
Relations avec nos représentants
-
Le conseil de l’Ordre des Médecins
-
Le Syndicat des Médecins selon les secteurs
-
Les associations sous-sectorielles
-
Les sociétés savantes
-
Manque à l’appel la société marocaine de médecine générale SMDG,
qui pourrait naître et créer l’équivalent des Entretiens de Bichat
en France, sociétés de spécialités et Société Marocaine des Sciences Médicales.
Relation avec nos partenaires
-
Ministère de la Santé et organismes y attenant
-
CNOPS, MAFAR, CMIM….
-
FMSAR (Assurances privées)
-
Laboratoires pharmaceutiques
-
Laboratoires d’équipements leur homologation nous paraît
nécessaire
Autonomie du médecin spécialiste dans sa pratique professionnelle
Des pressions économiques et administratives menacent l'autonomie du médecin spécialiste dans la
prise en charge et l’assistance médicale. Le médecin spécialiste
doit être libre de traiter son patient de la façon la plus appropriée,
sans contraintes extérieures. D'autre part, le spécialiste est tenu de
dispenser les soins médicaux les plus efficaces. Il a donc l'obligation d'être à même
d'exercer l'art de soigner en tenant compte des progrès
récents de la médecine. Ceci s'applique autant aux spécialistes en
pratique privée, qu'aux spécialistes salariés. Des principes
pourraient être énoncés comme suit :
1.TYPE DE LA PRATIQUE MÉDICALE SPÉCIALISÉE
Tout médecin spécialiste doit avoir le libre
choix de sa forme d’exercice.
2.QUALITÉ DE LA PRATIQUE MÉDICALE SPÉCIALISÉE
La qualité des soins médicaux dans la pratique médicale
spécialisée doit être indépendante du système de rémunération du
médecin spécialiste.
3.CONTRÔLE DE QUALITÉ DE LA PRATIQUE MÉDICALE SPÉCIALISÉE
Le respect de la qualité professionnelle de la pratique médicale spécialisée doit être assuré via une commission
nationale identique pour tous.
4.AUTONOMIE DE LA PRATIQUE MÉDICALE SPÉCIALISÉE
Le médecin spécialiste doit être à l’abri de toute pression économique ou administrative extérieure, lors du choix
du traitement de son patient.
5.ENVIRONNEMENT SOCIAL ET PRATIQUE MÉDICALE SPÉCIALISÉE
Sans pour autant renoncer à son autonomie dans la
pratique médicale spécialisée, le médecin spécialiste est obligé
de respecter les règles éthiques, sociales et économiques de la société
dans laquelle il est appelé à exercer.
6.INFRASTRUCTURE DE LA PRATIQUE MÉDICALE SPÉCIALISÉE
Pour exercer correctement sa profession, le médecin
spécialiste doit disposer de l’équipement médical approprié, en
fonction de l'état de développement de l’art médical. En pratique
privée, la rémunération doit permettre le financement normal de l’équipement
nécessaire à une prestation de haute qualité requise et de la
formation continue du médecin.
7.CONTINUITÉ DES SOINS MÉDICAUX AU PATIENT DANS LA PRATIQUE MÉDICALE SPÉCIALISÉE
Le médecin spécialiste traitant est tenu d’assurer la continuité des soins médicaux aux patients qui ont
demandé son intervention soit personnellement, soit dans une structure
bien définie de délégation des soins.
8.TRAITEMENT INTERDISCIPLINAIRE
Le médecin spécialiste a le devoir de traiter son patient en équipe interdisciplinaire, en cas de nécessité.
9.LES DOSSIERS MÉDICAUX DANS LA PRATIQUE DE LA MÉDECINE SPÉCIALISÉE
Le médecin spécialiste doit tenir un dossier des patients
qu'il a en traitement, papier ou informatique.
10.DISPONIBILITÉ DES INFORMATIONS MÉDICALES DANS LA PRATIQUE MÉDICALE SPÉCIALISÉE
Il doit communiquer toutes les données concernant
ses patients à d’autres médecins qui les traitent également, sauf
en cas l’opposition du patient à cet échange d’information.
11.REMBOURSEMENT DES PRÉSCRIPTIONS DANS LA PRATIQUE MÉDICALE SPÉCIALISÉE
Les systèmes d’assurance-maladie, publics ou privés des patients, ne peuvent pas faire de discrimination dans la
prise en charge des prescriptions du médecin spécialiste, que ce soit
en pratique privée ou salariée.
12.LA FORMATION MÉDICALE CONTINUE DANS LA PRATIQUE MÉDICALE SPÉCIALISÉE
Dans la profession médicale, la Formation Médicale
Continue est une nécessité et une obligation. L’évolution de la médecine
est telle que la formation de base acquise et la formation post
universitaire sont rapidement dépassées. C’est pourquoi la Formation
Médicale Continue est véritablement une obligation pour tout médecin
spécialiste.
13.FINANCEMENT DE LA FORMATION MÉDICALE CONTINUE CHEZ LES MÉDECINS SPÉCIALISTES
Le système de rémunération du médecin spécialiste doit prévoir le financement des activités de Formation Médicale
Continue dans la spécialité concernée.