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Le Maroc dispose de 15. 000 médecins (dont près de la moitié est
généraliste), répartis pratiquement à parts égales entre les deux secteurs
public et privé, pour une population de 30 millions d’habitants.
Dans les pays qui
disposent d’une politique de santé claire et qui sont dotés d’une couverture
médicale efficace, ces mêmes 15.000 médecins pour une même population,
croulerait logiquement sous le nombre des consultants !
Sur le terrain,
l’axe le plus médicalisé du pays (Casa –Rabat –Fès) où vit plus de 50% de la
population nationale, 70% de l’administration, 70% des professions libérales, et
où est implanté 70% de l’activité industrielle, reste sous
médicalisé malgré la présence de plus 66 % de l’effectif global des médecins qui
sont de plus sous employés. Ceci explique le fait que depuis près de deux
décennies, on ne compte plus les fermetures de cabinets.
Face au marasme
que vit la profession, beaucoup de jeunes médecins seraient heureux d’intégrer
la fonction publique qui n’attirait jadis pas grand monde. Certains immigrent,
notamment en France où exerceraient plus de 2000 médecins marocains, et plus
récemment, au Canada.
La situation n’est
guère plus reluisante concernant les autres professions médicales : beaucoup de
chirurgiens dentistes ont mis « la clef sous le paillasson », et sur les 6 - 7000
pharmaciens d’officine que compte le pays, près d’un millier sont en instance de
dépôt de bilan !
Alors, insuffisance de cadres médicaux ou pléthore?
Le budget alloué par l’État à la santé est de 4,5% du Budget Général de l’État, soit
5189 millions de dirhams !! La dépense du ministère de la santé représente 1,2% du PIB.
Sur le plan des infrastructures:
-
Le secteur privé aligne 220
cliniques, 30 centres de dialyse et une centaine de cabinets de radiologie
(avec ou sans scanner, et quelques unités d’IRM), sans oublier toutes les autres
spécialités hautement équipées, et une grande patrie des cabinets de médecine
générale dotés d’appareils d’échographie;
-
La santé publique dispose pour sa part de quelques 2458 unités de soins,
127 Hôpitaux dont 92 généraux et 35 spécialisés, 4 CHU et 4 facultés de
médecine;
-
254 centres de santé entièrement
équipés restent fermés.
Concernant les ressources humaines:
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Les quatre facultés de médecine forment quelques 450 médecins par an, alors que les besoins, sous la poussée démographique, sont actuellement de l’ordre de 1800 médecins/an;
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Le ministère de la santé avoue souffrir d’un déficit énorme en cadres para médicaux : 26.282 existants, et 9000 postes à pourvoir!
Les pouvoirs publics semblent avoir trouvé la solution pour résoudre le problème du sous-effectif médical, dans notre pays : ils imaginent la solution d’importation de médecins de Chine ou de pays de l’Est ; mais ils ne semblent pas encore avoir trouvé la solution au sous emploi des cadres médicaux.
LA PRÉVOYANCE SOCIALE
Mardi 14 décembre 2004 au complexe du ministère de l’équipement, lever
de rideau sur une pièce en « gestation » depuis plus de 15 ans : « l’AMO ».
Sur l’estrade, le
premier ministre Mr D Jettou entouré des ministres de la santé et des affaires
sociales, du président du conseil national de l’ordre des médecins et du
directeur général de la CNSS, a apparemment tenu à réserver la primeur de
l’annonce de la mise en place de la première phase de l’AMO au corps médical. En
face, un parterre de professionnels de la santé (médecins, pharmaciens,
chirurgiens dentistes) de tous bords : secteur public, secteur privé, syndicats
professionnels, sociétés savantes et associations.
« L'AMO sera
opérationnelle à partir de juillet 2005 ! ».
La
CNOPS continuera à prendre en charge ses adhérents, mais les assurés du secteur
privé devront attendre une phase transitoire de
six mois pendant laquelle les prélèvements seront opérés pour alimenter un fonds
de réserve.
Le taux de
remboursement retenu pour cette catégorie d’assurés est de 70%
.Ses membres auront
droit à un panier de soins couvrant :
-
les hospitalisations liées aux ALD/ALC;
-
les soins ambulatoires liés aux ALD/ ALC;
-
le suivi de la mère et de l’enfant de moins de 12 ans.
Le remboursement des médicaments en ambulatoire se fera apparemment à hauteur du
prix des génériques.
Le secteur public se taille la part du lion avec un taux de remboursement de 90%. Il sera de plus seul habilité à prendre en charge les catégories sociales à revenus limités (« RAMED »).
Une liste de 41 pathologies lourdes à couvrir a été retenue, mais sans aucune précision quant à leur nature.
L’article 14 de la loi 65-00, portant code de la couverture médicale
relatif au libre choix du praticien, est certes respecté , mais dans la
pratique, le malade marocain au pouvoir d’achat érodé sera forcément alléché
par l’ « offre » de l’hôpital public. Une façon subtile de canaliser la patientèle vers les établissements de soins publics sous équipés, désertés par
des prestataires de soins peu motivés et d’avantage attirés par le TPA ; et croulant sous la masse des consultants…
En résumé, cette version de l’AMO axée sur le gros risque, et les
affections de longue durée, va surtout « profiter » aux établissements de soins
tous secteurs confondus, et à ceux qui auront à prendre en charge la mère et
l’enfant (jusqu’à 12 ans, après… ?). Nous assisterons certainement à une
véritable « ruée » sur l’hospitalisation, avec toutes les conséquences qui en
découlent !
Les professionnels de la santé n’auront été impliqués que dans la
confection technique de l’AMO : participation aux commissions médico-techniques
(« maladies longue durée », « contrôle médical », etc.…), pour le reste, les
décideurs ont apparemment jugé inutile d’avoir recours à leur avis !
Pourtant ces mêmes
décideurs sont loin d’ignorer que le secteur libéral, pour prendre la relève de
l’hôpital public, a consenti depuis près de deux décennies, d’énormes efforts en
matière d’infrastructures et d’équipements (les cliniques nées de l’initiative
privée n’ont rien à envier à celles qui existent sous d’autres latitudes, et les
hommes et les femmes qui y exercent possèdent autant de compétences que leurs
collègues outre mer !), et qu’il dispense aujourd’hui des soins de qualité à
près de la moitié des citoyens marocains malades !
Un simple détour
par les services des urgences, véritables « vitrines » des hôpitaux, suffit pour
donner une idée de la multitude de problèmes dans lesquels se débat aujourd’hui
l’hôpital public ! Ailleurs (en France notamment), on
a fait appel aux praticiens du secteur libéral pour venir à la rescousse de
leurs collègues du service public (services des urgences) débordés par la masse
des consultants !
D’après une étude récente, 4% des patients de la Santé
Publique supporteraient:
les trois quarts du coût des ordonnances;
-
la moitié du coût des hospitalisations;
-
15%
s’endetteraient pour se faire soigner dans le système public.
La réforme hospitalière entreprise par le Ministère de la
Santé, et qui absorbe 90% des 52,2 milliards de dollars alloués par la Banque
Mondiale au PFGSS (projet de financement et de gestion du secteur de la santé),
prévoit:
-
la modernisation des hôpitaux;
-
le renforcement du management;
-
la maîtrise des coûts
hospitaliers.
Le Ministère de la Santé prévoit également :
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