Atelier III : définir les caractéristiques et le
contenu de la formation médicale continue en
médecine générale
Les participants ont d’abord reconnu la nécessité
absolue d’une mise à jour des connaissances, et de
leur adaptation au contexte marocain ,moyen
indispensable de revaloriser le statut du médecin
généraliste et la perception de celui-ci dans le
système de santé marocain.
Ils ont rappelé la nécessité de disposer d’une revue
professionnelle de qualité !
Ils ont défini à l ‘unanimité les caractéristiques
essentielles de cette formation :
décentralisée et organisée sur une base locale
avec la mise en place de petits groupes de
formation (peer review group, ou groupes de
pairs) accessible,
interactive et souple, en tenant compte des
disponibilités des médecins généralistes
auto gérée par les généralistes et contrôlée par
eux, elle devrait être centrée sur les
pathologies les plus fréquentes rencontrées par
la profession et favoriser les aspects pratiques
.Elle doit tenir compte des besoins des
médecins (formation à la carte)
gratuite ou financée par une participation
symbolique assurant la présence des participants
et tenant compte du fait qu’il s’agit d’un temps
professionnel. À ce sujet, l’implication des
firmes pharmaceutiques a été évoquée en
insistant lourdement sur l’indépendance de
contenu pour l’enseignement délivré
préservant le libre choix des thèmes par les
praticiens réalisée
prioritairement avec les praticiens de terrain
coiffée par une agence nationale de la formation
continue, une «task force» comprenant la
Fédération des médecins généralistes (avec des
représentants des différentes provinces), les
Universités et le Ministère. Elle pourrait
comporter également des représentants de l’Ordre
des médecins. Cet organisme devrait assurer la
pérennité de cette formation
reconnaître les formations personnelles que sont
la lecture et l’utilisation des NTIC (Nouvelles
Technologies de l’Information et de la
Communication). L’accès aux NTIC et à l’outil
informatique qu’est l’ordinateur est une
priorité pour les participants.
La question difficile de la certification a été
discutée longuement. Les questions suivantes ont été
évoquées :
quelle reconnaissance pour les généralistes qui
suivent une formation continue ?
une formation continue obligatoire? Comment
contrôler les présences ?
quelle fréquence ?
quelle indépendance par rapport aux firmes
pharmaceutiques ?
quel label de qualité pour les formations et
délivré par qui ?
quelle évaluation ?
quel impact sur la qualité des soins ?
Si les participants reconnaissent la nécessité d’une
«reconnaissance» de leur formation médicale
continue, outil essentiel pour leur image de marque
comme intervenants privilégiés dans le système de
santé marocain, ils insistent sur la nécessité de
l’organiser sur une base régionale, et de prévoir un
système de financement adéquat (accessibilité à
tous) Les
participants ont proposé deux types de formation
continue: Une formation
par groupe de pairs sur une base locale et
continue Une formation
ponctuelle sur des problèmes spécifiques
organisée sur une base loco-régionale ou
nationale. La participation des généralistes aux
congrès nationaux devrait être encouragée et des
ateliers spécifiques proposés à ces occasions.
Ils ont proposé les contenus suivants comme étant
prioritaires pour la formation médicale continue:
le dossier médical standardisé
des ateliers en communication
la participation aux travaux du ministère de la
santé, aux enquêtes réalisées à son initiative,
aux stratégies diagnostiques et thérapeutiques,
aux programmes de dépistage et de vaccination
des ateliers de prise en charge de pathologies
spécifiques (ex : l’hypertension) avec comme but
de pratiquer une médecine basée sur les
standards actuels (guidelines) et de l’adapter
aux moyens disponibles dans le pays. Il s’agit
d’améliorer la compétence et en corollaire la
crédibilité des médecins généralistes
des formations en épidémiologie et en économie
de la santé.
En conclusion, les généralistes ont abordés la mise
en place de la formation continue pour réaliser les
contenus évoqués. Elle nécessite:
III ) Conclusions de l’atelier de Marrakech
Le «Groupe de Marrakech» a réuni à l’initiative de
la FNAMGPM et de son Président, le Docteur Choukri
des responsables généralistes des différentes
provinces du pays pour définir le paysage de la
médecine générale/de famille dans le contexte du
Maroc.
Quatre priorités semblent se dégager des débats très
animés et particulièrement pertinents pour le futur
de la profession:
l’accessibilité de la population dans son
ensemble est une priorité du pays et la mise en
place de l’AMO est une opportunité quasi
historique pour la médecine générale d’occuper
la place qui lui revient dans les soins médicaux
de base. En agissant comme «premier échelon»
reconnu dans la plupart des pays occidentaux
comme indispensable pour des soins efficients et
centrés sur le patient, la médecine générale
marocaine peut alors jouer un rôle de premier
plan dans la qualité des soins délivrés à la
population
la démarche structurelle engagée par la FNAMGP
est une étape essentielle de la reconnaissance
de la profession en créant les conditions
nécessaires pour un dialogue fructueux avec les
interlocuteurs concernés. La qualité et la
représentativité des interlocuteurs présents à
Marrakech est un atout essentiel dans la
démarche initiée
la dynamique instaurée nécessite de toute
évidence un dialogue accru et responsable à
l’intérieur de la première ligne et
particulièrement entre généralistes du
secteur privé et du secteur public. Ce dialogue
est une étape essentielle pour une répartition
des tâches qui tienne compte de la carte
sanitaire du pays et des possibilités de réponse
aux demandes des patients. Ce dialogue
constitue la base de la mise en place de
pratiques de groupe adaptées
l’instauration prioritaire d’une formation
médicale continue adaptée aux besoins des
praticiens et organisée sur une base locale est
un défi passionnant. La mise en place d’un
dossier médical de base standardisé constitue
une étape essentielle dans la démarche de
qualité des soins souhaitée par la profession et
attendue par l’ensemble des acteurs concernés.
À l’issue de cet atelier, Dr. Rachid Choukri,
Président de la Fédération, a tenu à remercier les
participants pour la qualité et la pertinence de
leurs interventions.
Les recommandations de cet atelier a-il ajouté
serviront de «guide-lines» pour tout travail
ultérieur de plaidoyer pour le repositionnement du
médecin généraliste sinon en médecin de famille,
tout au moins en médecin généraliste capable de
proposer à une population aux besoins grandissants
et aux moyens limités, une médecine de qualité à
visage humain à un coût raisonnable.
«Au cours de ces deux journées, nous avons essayé de
construire une vision de la médecine, de la
formation médicale. Nous avons ébauché le profil du
médecin généraliste de demain, celui de la Faculté
de Médecine de demain, pour un Maroc en profonde
mutation. Pendant ces deux journées, nous avons jeté
ensemble un regard sur l‘avenir. En dépit des
obstacles, la Fédération promet de s’investir et de
persévérer dans cette recherche jusqu’à ce que ce
rêve devienne réalité » conclut Dr. R.Choukri.
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