Entretien avec Nadia Bezad, présidente de l’Organisation Panafricaine
de Lutte contre le SIDA
Entrevue réalisée par
Dr Rachid Choukri, président de la Fédération
Nationale des Associations des Médecins
Généralistes Privés du Maroc et coordonnateur
général de Maroc Santé.
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Q :
Docteur Nadia Bezad, vous êtes présidente de
l’Organisation Panafricaine de Lutte contre le SIDA
(OPALS-Maroc), pouvez-vous nous présenter
sommairement votre organisation ? | |
R: OPALS-Maroc est une association Marocaine à but
non lucratif et à caractère humanitaire, crée en
1994, et qui s’assigne comme mission de contribuer à
l’amélioration de l’accès aux soins des personnes
démunies. Elle regroupe 14 sections (Tétouan,
Tanger, Fès, Marrakech, Casa, Settat, El Kalaa,
Taza, Beni Mellal, Azrou, Essaouira, Khnifra,
Agadir, Laayoune - en cours).
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Son siège national est basé à Rabat.
Notre activité se décline à travers trois volets :
-
la prise en charge médicale et psycho-sociale
des personnes atteintes d’infections
sexuellement transmissibles, notamment le SIDA;
-
action communautaire comprenant formation et
sensibilisation;
-
une action de plaidoyer.
Nous avons pour chaque volet une stratégie et un
programme, une sorte de feuille de route, si vous
voulez, que notre équipe applique avec
professionnalisme et détermination. |
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Docteur
Nadia Bezad |
Q : Pouvez-vous nous présenter et nous
parler du rôle joué par les différentes ONG
présentes sur le terrain en matière de lutte contre
le SIDA ?
Il est clair que le nombre d’associations qui
agissent actuellement dans ce créneau n’est pas
suffisant pour mener un combat à la mesure de la
propagation du sida. Toutefois, on leur doit le fait
de faire de la lutte contre ce fléau une des
priorités du Ministère de la Santé. La preuve : les
messages de prévention et de sensibilisation qui
commencent à investir nos écrans et tous les médias
nationaux. Ceci constitue, en lui seul, un pas à
encourager.
Par ailleurs, il convient de saluer les efforts
d’autres associations locales à vocation sociale
qui, même si elles ne sont pas spécialisées dans la
lutte contre le SIDA, ont mis en place des
programmes pour sensibiliser la population à ce
fléau.
La société civile est importante et indispensable
dans toute stratégie de lutte contre le SIDA du fait
que l’association mène des actions de proximité, est
à l’écoute de la réalité des citoyens et donc elle
est, plus que d’autres acteurs, à même de définir
les besoins et de proposer les moyens à mobiliser
pour y répondre. ()
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Entretien avec Docteur Aziz Kabbaj
Dr Mohamed Saïd Berrada, rédacteur de la revue 'La Lettre du Médecin Généraliste' de la Fédération Nationale des Associations des Médecins Généralistes Privés du Maroc, a recueuilli les propos du Docteur Aziz Kabbaj sur les diverses questions de l'heure. Nous vous présentons ci-dessous quelques extraits: |
Q : Vous êtes l’un des premiers médecins marocains installés dans le privé, quel regard portez -vous sur l'exercice de la médecine au Maroc, du temps ou vous avez commencé à exercer ?
R : C'était le temps de tous les espoirs, de tous les enthousiasmes non seulement pour la médecine mais pour tout le pays. Un Maroc à peine libéré du joug du colonialisme ; un peuple débordant de patriotisme et du culture nationaliste, une volonté unanime de faire faire au pays un immense pas en avant pour le sortir rapidement du sous-développement !
Q : Quelles étaient les difficultés et les obstacles que les médecins avaient à rencontrer à cette époque ? Et que direz vous des patients à cette époque ? étaient-ils nombreux ou moins nombreux qu' aujourd'hui ? Étaient ils informés ?
R : Mon premier contact avec mes compatriotes malades fut dans un dispensaire du bled, un jour de souk, un petit local de deux pièces, un infirmier, quelques médicaments et une file immense de malades, groupant femmes, hommes, enfants et vieillards. Puis commença un défilé infernal de toutes les pathologies médicales, chirurgicales, obstétricales, dermatogiques, ORL, ophtalmologiques, etc. et toute une série de maladies inconnues ou disparues depuis belle lurette des manuels classiques; et moi, à peine débarqué de Paris, sans labo, sans radio. Je devais trouver une solution pour chacun et résoudre tous les problèmes en quelques minutes. Mais la récompense suprême de tous ces efforts était la gentillesse de ces gens du peuple, leur sourire, leur confiance et leur respect pour le médecin qu'ils considéraient comme le Mahim, le savant.
Puis ce fut la médecine privée, des salles d'attente regorgeant d'accompagnateurs, le même défilé de toutes les pathologies possibles, les mêmes difficultés à pouvoir prescrire les examens indispensables ou ordonner les médicaments nécessaires. Mais toujours la même gentillesse, le même respect pour le praticien et ses actes. En ce temps là, le manque de moyen des gens du peuple les conduisait d'abord chez le fqih ou le rebouteux et n'arrivaient chez nous que lorsque le mal est bien avancé ; alors le médecin, armé de ses seules connaissances cliniques et sa générosité, accomplissaient parfois des miracles.
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