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Sous le Haut Patronage de Sa Majesté Le Roi MOHAMMED VI que Dieu le Glorifie, le 7ème Congrès du Groupe Pan Africain de l'Etude du Diabète que le Maroc a eu l'honneur d'abriter a lieu à Casablanca du 24 au 26 mai 2001.
Cette marque de soutien exceptionnel, témoigne de l'intérêt que
Sa Majesté accorde au développement de la Médecine et de la Diabétologie dans notre continent.
L'intérêt de cette importante manifestation internationale et Africaine consacrée au Diabète et aux maladies liées à la Nutrition à laquelle ont pris part des spécialistes et des chercheurs d’Afrique et d’Europe est rehaussé par la richesse du programme scientifique qui a abordé le Diabète dans toute sa dimension épidémiologique, clinique, évolutive, socioéconomique et thérapeutique en Afrique, tout en tenant compte des dernières acquisitions dans ce domaine.
A cette occasion et présidant la Séance d'Inauguration Officielle du Congrès, Messieurs le Ministre de la Santé et le Ministre de l'Enseignement Supérieur, de la Formation des Cadres et de la Recherche Scientifique, ont mis l’accent sur les efforts du Maroc dans ce domaine aussi bien en ce qui concerne la prise en charge de la maladie que sa prévention. Les stratégies complémentaires des deux Ministères dans le domaine de l’éducation et de l’information sur le Diabète et les Maladies Nutritionnelles ont été développées. Ils ont également mis l’accent sur l’importance d’une collaboration active interafricaine dans ce domaine.
Par la notoriété des conférenciers Africains et Européens, la qualité des conférences et des débats, le nombre de pays participants (18 pays africains et 7 pays d'Europe), les objectifs fixés par le Comité d'Organisation et le Groupe Pan Africain Pour l'Etude du Diabète ont été atteints.
A ce sujet, il importe de souligner qu'une vue d'ensemble globale et Africaine des problèmes de Diabète devrait permettre d'améliorer la prise en charge de cette maladie en fournissant les élément d'une meilleure base d'information et de connaissance et d'homogénéiser les stratégies de prévention et de soins. Pour en savoir plus sur le rapport du Congrès, visitez le site web du Congrès : www.padsg2001.s5.com
Ce Congrès a été aussi l’occasion pour sensibiliser les professionnels de santé et le grand public en général sur l’importance de la prévention et de la lutte contre les facteurs de risque de la maladie diabétique et qui sont représentés par l’obésité, la sédentarité, l’hyperlipidémie, l’hypertension artérielle, le stress.. bref, un mode de vie sain avec une hygiène alimentaire, sans tabac et une activité physique régulière demeure la meilleure arme de prévention contre l’augmentation croissante du diabète et des facteurs de risque associés. Un grand hommage doit être rendu ici à la presse marocaine et étrangère (la
radio, la télévision, la presse écrite...) pour la couverture de l’événement et le rôle essentiel qu’elle a eu dans la sensibilisation du grand public
Aujourd'hui, toutes les études s’accordent à dire que les maladies métaboliques et nutritionnelles et à leur tête le Diabète sont en train de prendre depuis les deux dernières décennies des proportions alarmantes, plaçant la maladie diabétique au premiers rang des préoccupations sanitaires à l’échelle planétaire. En effet, on estime aujourd’hui le nombre de diabétique à 170 millions de personnes de par le monde, ce chiffre atteindra 250 millions en 2010 et plus de 300 millions en 2025.
Véritable épidémie du nouveau millénaire, le Diabète est plus que d’actualité. En plus de l’augmentation constante du nombre des personnes atteintes, c’est le coût de la prise en charge et surtout celui des complications en terme de morbidité et de mortalité qui greffent les budgets des Etats et représentent un véritable défi qu’il faut relever.
En Afrique, il n’y a pas longtemps, le diabète était relativement rare. Aujourd’hui, le problème est tout autre et risque de devenir préoccupant et cela malgré les efforts accomplis dans ce domaine par les différents pays.
D’une manière générale, la gravité de la maladie tient aux multiples complications (cardiovasculaires, rénales et oculaires) qui surviennent en absence d’une prise en charge adéquate et aux coûts élevés engendrés en terme de dépenses, mais aussi en morbidité et mortalité. En effet, le diabète représente aujourd'hui en Afrique et dans le monde:
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la première cause de mortalité par insuffisance rénale ;
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avec les autres facteurs de risque, la première cause de morbidité et mortalité par maladie cardiovasculaire ;
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la première cause de cécité ;
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la première cause d'amputation des membres
inférieurs.
Globalement, il y a deux types de
diabète. Le Type 1 concerne l'enfant et le sujet jeune, sa symptomatologie est bruyante et nécessite le recours à l'insuline. Ce type de diabète représente seulement 10% et son incidence est pratiquement la même. A l'inverse, le Type 2 est le plus fréquent et représente 90% des cas. Il touche l'adulte et sa prévalence augmente avec l’âge. Souvent asymptomatique, ce type de diabète peut se révéler par une complication et son traitement fait appel aux d’abord mesures diététiques, complétées souvent par des médications prises par voie orale.
En absence de prise en charge de la maladie et quelque soit le type de diabète, la gravité du diabète est liée à la survenue de multiples complications métaboliques, cardiovasculaires et/ou dégénératives qui émaillent l'évolution, alourdissent le coût de la maladie et entraînent une morbidité et une mortalité importante.
Qu'en est-il de la situation au Maroc en 2001 ?
Tout d'abord concernant la prévalence de l'affection, les dernières estimations nationales tournent aujourd'hui autour de 6,6% pour les personnes âgées de plus de 20 ans. Et si l'on considère les tranches d'âge au-delà de 50 ans, la prévalence dépasse les 10%. Ainsi, aujourd’hui environ
un million et demi de personnes souffrent du diabète dans notre pays.
Faute d'une politique de dépistage, le diagnostic de diabète est en général fait à l'occasion de symptômes évocateurs dans 50% des cas, voire même à l'occasion de complications métaboliques, cardiovasculaires ou dégénératives dans 25 % des cas.
Au plan métabolique, la qualité du contrôle de la glycorégulation
est très insuffisante dans la majorité des cas expliquant la fréquence des décompensations acido-cétosiques observées. Si cette dernière est relativement rare chez le diabétique de Type 2 (1 patient sur 5), il en est autrement chez le diabétique de Type 1 puisqu'un diabétique sur 2 a fait au moins un épisode d'acidocétose. D'ailleurs, il n'est pas rare encore de voir un tel accident révéler un diabète jusqu'ici méconnu.
Les accidents hypoglycémiques rencontrés essentiellement chez les diabétiques de Type 1 (1 diabétique sur 5) ne sont pas fréquents dans nôtre contexte. Leur survenue est généralement liée aux erreurs diététiques et de manipulation de l'insuline. Cette relative rareté des hypoglycémies est en rapport avec l'hyperglycémie chronique et le mauvais contrôle de la maladie.
Ces problèmes métaboliques illustrent les insuffisances en matière de prise en charge, de traitement, de surveillance et d'éducation diabétique.
D'autre part, les complications cardiovasculaires représentées par l'athérome sont de plus en plus fréquentes. Qu'il s'agisse de l'hypertension artérielle, de l'artérite des membres inférieurs ou de la coronarite, observées dans au moins 25 % des cas, le risque de morbidité est majoré et de mortalité multiplié par 3.
Quant aux complications dégénératives qui dépendent étroitement de la qualité du contrôle et de l'ancienneté de la maladie, elles sont encore fréquentes et menaçantes.
La néphropathie diabétique constitue une autre cause de mortalité puisque l'insuffisance rénale est observée dans 15 % des cas. A ce stade d'évolution, seul un programme d'hémodialyse chronique permet d'assurer la survie. Or, seule une minorité de patients en insuffisance rénale terminale accèdent aujourd'hui à l'épuration extra-rénale. D'ailleurs à ce stade d'évolution, la qualité de la vie et le confort quotidien comme on peut s'y attendre sont très altérés.
Concernant la rétinopathie diabétique, 1 diabétique sur 3 en est atteint. Les formes sévères et proliférantes, particulièrement graves compte tenu du risque hémorragique et de cécité ne sont pas rares. Elles nécessitent parallèlement au bon contrôle de la maladie, des séances de photo coagulation rétinienne au laser. Or là aussi, seule une minorité de patients accède à ces possibilités thérapeutiques.
Un autre handicap physique majeur est représenté par la neuropathie diabétique
souvent discrète, périphérique et végétative (polynévrite, impuissance sexuelle, diarrhée... ). Cette complication, particulièrement invalidante chez de nombreux diabétiques, touche 30 à 40 % des patients et retentit sévèrement sur la qualité de leur vie de tous les jours.
On doit également mentionner le problème fréquent du pied diabétique qui concerne particulièrement les diabétiques de Type 2 avec tous les risques d’amputation qui sont réels. La sensibilisation et l’éducation des personnes à risque dans le cadre d’une prise en charge organisée du diabète permet de réduire de façon significative la fréquence et la gravité de cette redoutable complication tant au niveau du coût engendré (multiples hospitalisations et soins) qu’au niveau du nombre et de l’importance des amputations.
A tout cela, il faut ajouter le risque majoré d'infections diverses : cutanées, urinaires pleuro-pulmonaires, oto-rhino-laryngologiques... Quelles soient bactériennes, tuberculeuses, virales... ces infections sont favorisées par l'hyperglycémie chronique et la présence de complications diabétiques. Pour ne citer que l'exemple de la tuberculose pulmonaire, 10 % des diabétiques font ou en ont fait.
Devant ce tableau dramatique, on ne peut omettre d'évoquer les problèmes rencontrés par
l'enfant diabétique dont la prise en charge et le traitement laissent à désirer, ce qui retentit sur sa croissance, sa personnalité, sa scolarité et l'expose à plus ou moins brève échéance aux redoutables complications diabétiques. De plus, les problèmes spécifiques à la puberté et plus tard ceux liés à l’insertion socioprofessionnelle du jeune diabétique ne feront que compliquer une situation déjà précaire.
Il en est de même de la grossesse diabétique qui constitue un risque majeur pour la mère et pour le fœtus. On estime encore que 50% des grossesses diabétiques sont compliquées (avortement, malformations fœtales, accouchement prématuré, macrosomie, mortinatalité ....). Or dans ces cas, seule une surveillance stricte du diabète et de son traitement, avant la conception, pendant et durant tout la période de la grossesse et pendant l’accouchement permet d'éviter la plupart des complications et d'obtenir le déroulement normal de la grossesse et de l'accouchement.
Or, toutes ces complications fonctionnelles et/ou vitales avec leurs conséquences socioprofessionnelles et économiques dramatiques ne constituent plus une menace comme par le passé, car elles peuvent être prévenues si une prise en charge précoce et structurée est assurée.
En effet, le bon contrôle de la maladie (auto-surveillance et auto-contrôle glycémique..), la lutte contre les facteurs de risque (Hypertension artérielle, hyperlipidémie, tabagisme, obésité, sédentarité), la mise en place de programmes éducatifs et le suivi des mesures hygiéno-diététiques dans le cadre d'une prise en charge organisée du diabète a permis de réduire de façon importante l'intensité et la sévérité des complications, le coût de la maladie et améliorer le confort quotidien du diabétique.
Dans ce cadre, le rôle de l’éducation, de l’information et de la formation du diabétique et de son entourage sont essentiels pour améliorer les résultats et réduire les risques métaboliques et vasculaires. Les objectifs précis en fonction de chaque patient, la qualité de la relation soignant-soigné et le climat de sécurité et de confiance mis en place et développé sont indispensables pour sensibiliser et motiver le diabétique. Ce n’est que par une participation active et un suivi rigoureux que le diabétique peut espérer ne plus courir de risques graves et inutiles. C’est la raison pour laquelle, l’éducation diabétique doit être considérée et à juste titre comme l’un des piliers les plus importants pour le traitement et la prise en charge du diabète dans notre pays.
Par conséquent, il est temps d'inclure la lutte contre le diabète dans nôtre pays parmi les programmes prioritaires de la Santé Publique et d'apporter des solutions urgentes et concrètes :
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multiplier en quantité et en qualité les centres de dépistage et d’accueil spécialisés du diabète à travers tout le Royaume
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créer des unités de diabétologie et de nutrition dans les centres hospitalo-universitaires et les centres
hospitaliers périphériques ;
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établir des objectifs réalisables à court et moyen terme du programme national de lutte contre le diabète mettre en place les outils d’évaluation pour le suivi des résultats du programme national ;
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renforcer la formation du personnel médical et paramédical spécialisé ;
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organiser et développer les programmes d’éducation diabétique et l'information du grand public ;
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inclure le secteur libéral en tant qu’acteur important dans la prise en charge du diabète ;
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revoir et actualiser les textes législatifs (emploi, permis de conduire, sécurité sociale ...) concernant le
diabétique ;
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introduire des cours d’hygiène alimentaire et de nutrition dans les programmes scolaires des écoles primaires et
secondaires ;
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enfin, promouvoir la recherche diabétologique clinique, épidémiologique et fondamentale dans les centres hospitalo-universitaires.
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