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INTRODUCTION
Le paludisme ou malaria, est une maladie infectieuse parasitaire endémique due à un parasite : le Plasmodium. Elle se transmet par la piqûre de la femelle d’un moustique hématophage du genre
Anophèle. Quatre espèces de ce parasite sont responsables de cette maladie : Plasmodium falciparum (le plus grave, car redoutable et mortelle), Plasmodium malariae, Plasmodium ovale et Plasmodium vivax (le plus bénin).
C’est l’homme qui en est le réservoir de parasite.
ÉPIDÉMIOLOGIE
C’est la maladie infectieuse la plus répandue dans le monde, car elle touche un grand nombre de pays, surtout au niveau des zones tropicales et sub-tropicales. 500 millions de cas environ, sont enregistrés chaque année dans le monde, et 2 millions de décès. EIle menace 40 % des habitants de la planète. Les enfants paient un lourd tribut à cette épidémie. 90 % des cas surviennent en Afrique sub-saharienne. Tout cela, alors que l’épidémie est facilement curable par une simple bithérapie adaptée dont le prix n’est pas excessif, à la portée des
États avec l’appui des organismes internationaux.
Cette maladie regagne du terrain après avoir reculé dans les années 1960-70. Le nombre de cas ne cesse d’augmenter en Afrique, alors qu’il baisse en Asie, car les pays de ce continent utilisent la bithérapie moderne recommandée par les instances internationales.
DIAGNOSTIC
Le diagnostic est évoqué par le contexte clinique, surtout la succession de frissons, fièvre et sueurs, et la notion de séjour dans les zones d’endémie. Le diagnostic positif est établi par la mise en évidence du germe responsable à l’examen microscopique d’un frottis de sang coloré. Il permet en outre, de préciser l’espèce plasmodiale à des fins de bilan et de décision thérapeutique.
Il parait que des tests diagnostiques rapides et pratiques viennent d’être mis au point.
INCUBATION
10 à 20 jours en moyenne.
CLINIQUE
Le paludisme se manifeste par une succession d’accès fébriles caractérisés par la triade classique : frissons, fièvre et sueurs. L’accès fébrile est appelé fièvre tierce quand il survient 1 jour sur 2, et fièvre quarte quand il survient 1 jour sur 3.
Le malade se plaint d’asthénie, de céphalées, de douleurs musculaires et de troubles digestifs.
L’examen clinique peut déceler :
Les examens de laboratoire confirment le diagnostic, précisent l’espèce parasitaire en cause, et révèlent d’autres perturbations telles qu’une anémie.
ÉVOLUTION ET COMPLICATIONS
L’évolution de la maladie est généralement bénigne pour les espèces P. malariae, P. ovale et P. vivax, mais grave pour l’espèce P. falciparum, car susceptible de tuer le malade suite aux atteintes cérébrales.
Le paludisme viscéral évolutif survient en zone d’endémie chez un patient soumis à des infestations itératives, mal traitées, (avec P. falciparum).
TRAITEMENT
Le traitement du paludisme est une urgence. On dispose pour cela de 16 produits. Les combinaisons modernes les plus efficaces sont représentées essentiellement par les ACT (Artemisinin-based combinaison therapy). Ces dernières consistent en une bithérapie de deux médicaments : l’artémisinine (molécule extraite d’une plante découverte en Chine) et d’un autre antipaludéen courant tel que le SP, l’amodiaquine ou la méfloquine. Cette nouvelle stratégie thérapeutique coûte 3 à 5 fois plus cher que l’ancien traitement, mais arrive quand même à guérir les malades.
Les traitements classiques ne sont plus efficaces. C’est la raison pour laquelle ils ne sont plus conseillés malgré leur coût bas.
PRÉVENTION
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Se protéger des moustiques, surtout la nuit, par l’utilisation de répulsifs, de vêtements appropriés et de moustiquaires imprégnées de DDT.
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Épandage du DDT pour tuer le moustique, car ce produit, malgré sa réputation de nuire
à l’environnement, demeure un excellent insecticide qui tue les moustiques.
Il est en plus bon marché. L’OMS l’interdit pour usage agricole, mais le
tolère pour l’usage sanitaire.
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Il existe d’autres insecticides biodégradables efficaces pour tuer les anophèles, mais leur prix est élevé.
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Il n’existe évidemment pas de vaccin contre cette maladie, malgré les annonces répétées de la presse sur l’imminence de sa découverte.
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Les voyageurs se rendant dans
les zones d’endémie, sont invités à prendre une chimioprophylaxie adaptée
selon les schémas préconisés par l’OMS, et de veiller à se protéger autant que possible contre les piqûres de moustiques.
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Déclaration obligatoire des cas aux autorités sanitaires locales.
ET L’OMS DANS TOUT CELA ?
Elle a décidé en 1998 de faire du paludisme une priorité, et a lancé, en partenariat avec les pays concernés, l’initiative de ‘’faire reculer le paludisme’’, dont l’objectif à moyen terme est de réduire la mortalité de 50 % à l’échelle mondiale d’ici l’an 2010.
Force est de constater que les nombreux plans lancés par cet organisme connaissent un échec retentissant. C’est le cas par exemple de son slogan, des années 60, prônant l’éradication de ce mal, resté sans lendemain, ainsi que de ses tentatives vaines de mettre au point des vaccins en partenariat avec des laboratoires. Avec un budget ridicule de quelques dizaines de millions de dollars, comment l’OMS peut-elle concrétiser ses objectifs ? Parmi les mesures qu’elle devrait mener, celle de contribuer à la mise au point de nouveaux médicaments susceptibles de renforcer les 16 molécules disponibles actuellement.
Les efforts actuels de cette organisation portent sur son projet intitulé ‘’RBM’’ (faire reculer le paludisme), qui consiste à la réorganisation des services de santé des pays endémiques au Sud du Sahara afin de mettre en place des programmes structurés de lutte visant, entre autres, la mise en disponibilité des médicaments efficaces et le déploiement des moyens de lutte contre le vecteur.
QU’EN EST – IL AU MAROC ?
Notre pays échappe heureusement à ce mal. Les cas ont baissé considérablement ces dernières années au point que le programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) se fixe désormais comme objectif l’élimination du paludisme autochtone de notre pays d’ici l’an 2006.
Le dernier foyer actif détecté en 2002 dans notre pays se situait à la province de Chefchaouen. En 2003, seuls des cas résiduels ont été enregistrés dans cette même province. La forme du parasite présente, est la forme bénigne appelée : Plasmodium vivax.
A noter qu’en parallèle aux cas autochtones, chaque année, moins de 100 cas importés de l’étranger sont dépistés dans notre pays.
La stratégie suivie avec succès par le PNLP consiste au dépistage actif des cas, le traitement des malades et la lutte contre le vecteur. La sensibilisation des voyageurs à destination des pays endémiques les incitant à prendre une chimioprophylaxie adaptée, fait également partie de cette stratégie.
Pour cela, avant tout voyage à destination d’un pays d’endémie, contactez le service des maladies parasitaires/Ministère de la Santé/Direction de l’Epidémiologie, 71, Avenue Ibn Sina, Rabat-Agdal. Tél. 037 – 67 13 29.
Voici le nombre de cas enregistrés en 2003 et 2004 (au 04.04.2004) :
- 2003 : 4 cas autochtones résiduels et 69 cas importés de l’étranger.
- 2004 : 0 cas autochtone et 9 cas importés de l’étranger dus en majorité au P. f.
RÉFÉRENCES
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Documents du ministère de la Santé / Direction de l’Épidémiologie
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Livre ‘’Décision en maladies infectieuses
- Jacques ACAR, Maxime Armengaud, Jacques Modaï et Olivier Lortholary -
Éditions Vigot
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Livre ‘’Guide thérapeutique’’ 2ème édition
- Léon et Gabriel Perlemuter - Éditions Masson
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Livre ‘’Dictionnaire médicale de l’infirmier’’
- J. Quevauvilliers, L. Perlemuter - Éditions Masson - 6ème édition
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